Colonie française, intégration dans l'AOF. Dissolution (1932) puis rétablissement (1947). Exploitation économique (coton, arachides), développement de l'administration coloniale, résistance des peuples autochtones, développement du mouvement indépendantiste au XXe siècle.
Colonisation
1896-1897 : Conquête française des royaumes mossi. En septembre 1896, la colonne du lieutenant Voulet prend Ouagadougou, capitale du royaume mossi de Ouagadougou. Le Mogho Naaba Wobgo doit fuir ; il meurt en exil en 1904 à Zongoiri, non loin de Gambaga, dans l'actuel Ghana, selon l'historien Domenico Cristofaro. 1919 : Création de la colonie de Haute-Volta par les Français, intégration dans l'AOF. 1932 : Dissolution de la Haute-Volta (territoire réparti entre le Soudan français, la Côte d'Ivoire et le Niger), officiellement pour faire des économies ; l'historien Joseph Abo Kobi y voit aussi la recherche de travailleurs pour la Côte d'Ivoire. 1947 : Rétablissement de la Haute-Volta, après les demandes des rois mossi et parce que Paris veut freiner le Rassemblement démocratique africain, selon le même historien. Période coloniale française, exploitation économique (coton, arachides), développement de l'administration coloniale, résistance des peuples autochtones. XXe siècle : Développement du mouvement indépendantiste, formation de partis politiques.
Lutte pour l'indépendance
1958 : Référendum sur l'autonomie, la Haute-Volta vote "oui" à la Communauté française. Maurice Yaméogo succède à Ouezzin Coulibaly à la tête du gouvernement en septembre 1958, puis prend le titre de président de la République en décembre 1959, selon la Digithèque de l'université de Perpignan. 1960 : Indépendance de la Haute-Volta (5 août 1960), proclamation de la République de Haute-Volta ; Maurice Yaméogo est alors le président. Période d'instabilité politique (1960-1983), plusieurs coups d'État.
Nom du territoire · Colonisation
1919-1960 : Haute-Volta, dans l'Afrique-Occidentale française. La colonie est créée par décret du 1er mars 1919, détachée du Haut-Sénégal-Niger, avec Ouagadougou pour capitale. Ses limites ne sont pas tracées pour l'occasion : le décret réunit sept cercles qui existaient déjà dans le Haut-Sénégal-Niger, ceux de Gaoua, Bobo-Dioulasso, Dédougou, Ouagadougou, Dori, Say et Fada N'Gourma. Parmi les motifs invoqués lors de sa création figurait la réorientation, vers la Côte d'Ivoire qui manquait de main-d'oeuvre, d'un courant migratoire qui se dirigeait vers la Gold Coast. Un décret du 5 septembre 1932 supprime la colonie et rattache ses territoires à la Côte d'Ivoire, au Soudan français et au Niger. Le rapport officiel qui accompagne le décret parle d'« appréciables économies ». L'historien Joseph Abo Kobi ajoute une autre raison : les colonies voisines voulaient ce réservoir de main-d'œuvre, et la Côte d'Ivoire cherchait des travailleurs voltaïques pour ses plantations et le chantier de son chemin de fer. La partition s'applique à partir du 1er janvier 1933. La Côte d'Ivoire en reçoit la plus grande part, et la plus peuplée : les cercles de Ouagadougou, Gaoua, Batié, Bobo-Dioulasso et une partie de celui de Dédougou. Un décret du 13 juillet 1937 réunit ces territoires sous le nom de Région de la Haute Côte-d'Ivoire, dotée d'une autonomie relative. Les rois mossi refusent ce partage. Dès 1932, le roi des Mossi écrit au député Blaise Diagne, à Paris, pour défendre la colonie ; en 1945, son successeur, le Mogho Naaba Saaga, crée l'Union pour la défense des intérêts de la Haute-Volta, puis charge le député Philippe Zinda Kaboré d'obtenir son retour. Selon Joseph Abo Kobi, Paris y trouve aussi son intérêt : faire de la Haute-Volta un rempart contre le Rassemblement démocratique africain, le grand parti anticolonial dont la base est en Côte d'Ivoire. La loi du 4 septembre 1947 rétablit la Haute-Volta dans ses limites du 5 septembre 1932, avec Ouagadougou pour capitale.
Centres · Ouagadougou (capitale administrative)