Système politique traditionnel
Historiquement, les trois royaumes de Cabinda (Ngoyo, Kakongo, Loango) etaient gouvernes par des rois (maloango pour Loango, mangoyo pour Ngoyo, manikakongo pour Kakongo) assistés de conseils de chefs (mafuka). Ces rois etaient elus par les grandes familles au sein d'un clan royal specifique. Apres la colonisation, les chefferies traditionnelles ont ete maintenues sous tutelle portugaise. Aujourd'hui, les chefs traditionnels (sobas) sont reconnus officiellement par l'Etat angolais.
Organisation clanique
Comme chez tous les Bakongo, la societe cabindaise est organisee en clans matrilineaires (makanda). L'appartenance clanique determine l'identite sociale, les droits fonciers et les alliances. Les trois royaumes historiques etaient eux-memes structures par des liens claniques entre les grandes families nobles. Les Woyo sont connus pour leurs couvercles de pots sculptes (mbwoolo) utilisés pour communiquer des messages sociaux et moraux au sein des clans.
Rôle des lignages
Le lignage matrilineaire est fondamental chez les Bakongo de Cabinda. L'heritage, le statut social et les droits sur les terres ancestrales passent par la ligne maternelle. Les tensions entre ce systeme matrilineaire et les pratiques de l'Etat angolais (titres fonciers individuels, heritage civil) creent des conflits au sein des familles. Le lignage joue un role important dans l'organisation des ceremonies de deuil et des mariages.
Autorité religieuse
Le catholicisme est tres fortement implante a Cabinda depuis plusieurs siecles. Cabinda a une population catholique majoritaire avec une longue tradition de formation du clerge local. Les nganga (guerisseurs traditionnels) continuent de pratiquer dans les zones rurales, notamment dans la foret du Mayombe. Des eglises evangeliques et pentecotistes ont aussi gagne des adeptes depuis les annees 1990.