Système politique traditionnel
La société zaghawa traditionnelle est organisée en chefferies (sultanats locaux) dirigées par des sultans issus de familles nobles (la strate supérieure composée de nobles et de guerriers). L'autorité politique est exercée par des sultans reconnus par l'administration tchadienne ou soudanaise. Les premières sources arabes qualifiaient les rois zaghawa de rois forgerons avec une arrogance incommensurable, signe de leur statut quasi-divin aux yeux de leurs sujets.
Organisation clanique
La société zaghawa est fortement stratifiée. La strate supérieure comprend les nobles (guerriers) et les marchands-commerçants. En dessous se trouvent les artisans (Hadaheed/Hadahid), castes endogames héréditaires pratiquant la forge, la chasse, la poterie, le travail du cuir et la musique (batteurs). La strate inférieure comprenait historiquement les esclaves. Les castes artisanales ne mangent pas avec les autres et n'ont pas de relations sociales hors de leur caste : si on est né forgeron, on restera toujours forgeron.
Rôle des lignages
Lignages patrilinéaires organisant l'identité clanique, les alliances matrimoniales et les droits fonciers. La société pastorale nomade traditionnelle est organisée en clans (troupeaux de chevaux, d'ânes, de chèvres et de moutons). Chaque clan dispose de droits d'accès à des pâturages et points d'eau. Les nobles zaghawa contrôlaient historiquement les routes du commerce transsaharien.
Autorité religieuse
Islam sunnite malékite, adopté en masse à partir du 13e siècle (certaines sources disent les années 1940 pour un islam populaire de masse). Les Zaghawa sont connus pour leur piété en Darfour (selon les sources). Subsistent des rites pré-islamiques : le karama (sacrifice animal rituel pour chasser les mauvais esprits) est maintenu parallèlement aux pratiques islamiques. Les oulémas et imams exercent l'autorité religieuse officielle.