D'où vient le nom · Nom

Camara

Le nom Camara est un nom de clan mandingue, aussi écrit Kamara ; chez les Vai, il se dit Kamana. Les sources ne s'accordent pas sur son origine ; nous les présentons plus bas.

Un nom de clan mandingue porté du Mali au Liberia ; son origine reste discutée.

Du plus récent au plus ancien

  • Contemporain
  • Colonial
  • Précolonial
  1. Usage contemporain

    Le nom Camara est un nom de clan mandingue, porté notamment au Mali, en Guinée, au Liberia et en Côte d'Ivoire. Un mémoire de 2017 donne Camara et Kamara comme deux écritures françaises du même nom de clan, Kàmara. 

    Le nom Camara désigne un clan mandingue. Aucun dictionnaire ni linguiste consulté ne lui donne de sens, et le griot de l'épopée publiée en 1960 dit savoir pourquoi on s'appelle Kamara sans le dire. Les origines proposées restent des hypothèses, présentées séparément. 

  2. Récit publié en 1960

    Le nom Camara, écrit Kamara, désigne dans l'épopée de Soundiata deux branches : les Kamara de Sibi, dits Dalikimbon, et les Kamara forgerons de Tabon, dits Sinikimbon, selon le récit du griot Djeli Mamadou Kouyaté publié par Djibril Tamsir Niane. 

  3. + Voir l’autre récit− replier
    1. 1907

      Le nom Camara est écrit Kamara par André Arcin, administrateur colonial, à propos « des Kamara de Beyla (Konianka) et des hautes régions du Libéria ». 

      Personnes citées dans ce récit : André Arcin, écrit cette forme

  4. Origine la plus ancienne connue du nom Camara

    1899

    Le nom Camara apparaît par écrit sous la forme Kamara chez Maurice Delafosse, qui note que les Vai disent Kamana « au lieu de Kamara chez les Malinke ». C'est la plus ancienne trace de ce nom que le projet connaît ; elle dit quand un auteur l'a noté, pas depuis quand le clan le porte. 

    Personnes citées dans ce récit : Maurice Delafosse, écrit cette forme

  5. D'où vient le nom Camara ? Les sources proposent plusieurs explications, sans que l'une l'emporte.

    Hypothèse 1 · Recueilli en 2017

    Le nom Camara viendrait d'un ancêtre : les descendants de Kamanjan Boro, fils de Neni Mansa Kara, auraient été les premiers à s'appeler Kamara, selon le griot Babou Condé, de Fadama en Guinée. 

    Personnes citées dans ce récit : Kamanjan Boro, ancêtre du récit

    Hypothèse 2 · Origine non datée

    Le nom Camara viendrait d'un ordre donné au premier souverain commun des pays du Sankaran, « qu'il règne ! », formule devenue le nom de ses descendants, selon l'ouvrage en n'ko de Souleymane Kanté cité par E. A. Bogacheva. 

    Hypothèse 3 · Rapporté en 1959

    Le nom Camara viendrait de Fassuna et de Badjuba Nassari, dont des Kamara se disent descendants, Fassuna étant présentée comme une concubine du prophète Mahomet, selon l'officier Molinie, cité par E. A. Bogacheva. 

    Hypothèse 4 · Proposé en 1970

    Le nom Camara serait apparu d'abord chez les ancêtres des Soninké, avant le monde malinké, selon une hypothèse de N'Diaye que rapporte E. A. Bogacheva, qui la donne pour probable et non pour établie. 

    Hypothèse 5 · Proposé en 1907

    Le nom Camara viendrait de Hamara, les « hommes rouges du Nord », selon une question que pose André Arcin, administrateur colonial, sur une simple ressemblance de sons. 

  6. + Voir les 11 autres récits− replier
    1. Date disputée, du XIVe au XVIe siècle ou plus tôt

      Le nom Camara est celui du clan qui aurait conduit des clans mandingues du haut Niger vers la côte, à l'origine des Kono et des Vai. Les historiens ne s'accordent pas sur la date de ce mouvement, selon l'Histoire générale de l'Afrique. 

    2. Origine non datée

      L'épopée de Soundiata distingue deux branches du nom : Kamandjan, roi des Kamara de Sibi, dits Dalikimbon, et son cousin Tabon Wana, roi des Kamara forgerons de Tabon, dits Sinikimbon. Elle fait sceller par Soundiata une alliance perpétuelle entre les Kamara de Sibi et les Keita du Manding. 

      La devise des Kamara récitée dans l'épopée nomme les Kamara de Sibi, de Tabon et de Nyengenba, et raconte que leur grand-père a fendu de son sabre le rocher de Sibi, devenu la porte d'entrée et de sortie de Kamajan. Les éditeurs du récit notent que les Traoré et les Kamara y sont les fondateurs légendaires de Kangaba. 

      Avant l'empire du Mali, le clan des Kamara a pour villes principales Sibi et Tabon et conquiert peu à peu la rive droite du Niger. Le premier Niani, que des Kamara de Sibi auraient fondé, se trouverait dans les montagnes de la rive gauche entre Bamako et Kangaba. 

      Les Kamara sont présentés comme les premiers occupants de plusieurs terres du Manding : à Kita, ils deviennent les alliés de Soundiata et restent maîtres de la terre, et la tradition locale fait de Kangaba une fondation des Kamara de Sibi et des Traoré. 

      Les clans maninka qui ont atteint la mer vers le lac Pisu (Robertsport) et y ont organisé le peuple vai auraient été dirigés, selon la tradition, par Kamala le Jeune, Fangoloma et Kiatamba ; la même tradition confirmerait que les clans conduits par les Kamara étaient apparentés à ceux du Konyan. Les chefs sont nommés Kamala, non Kamara. Le reste du voyage, sa date et son déroulement relèvent de la synthèse historique de cette fiche. 

      Des synthèses historiques font conduire par le clan des Camara un mouvement de clans mandingues venus du haut Niger vers la côte, à l'origine des Kono et des Vai de la Sierra Leone et du Liberia, et établissent des Malinké du clan Camara au Liberia et dans l'ouest de la Côte d'Ivoire au XVIe siècle, les Diomandé étant dits frères des Camara. La date du mouvement des Kono et des Vai est disputée : avant les années 1460, et peut-être dès le siècle précédent, pour un auteur, qui s'appuie notamment sur la proximité des langues kono et vai avec le maninka ; entre 1500 et 1550 pour un autre ; possiblement plusieurs siècles plus tôt pour un troisième, qui juge peu convaincante l'image d'une incursion rapide menée par un seul chef. Pour ce mouvement, le premier écrit Kamara et le deuxième Camara. 

      Aucun dictionnaire ni travail de linguiste consulté ne donne de sens au mot : le dictionnaire des noms de clan mandingues le définit seulement comme un nom de clan. Le griot qui raconte l'épopée publiée en 1960 affirme savoir pourquoi tel s'appelle Kamara, mais ne le dit pas. 

      Chez les Vai, le nom se prononce Kamana là où les Malinké disent Kamara. 

      Un administrateur colonial s'est demandé en 1907 si Kamara ne venait pas de Hamara, des « hommes rouges du Nord ». La question repose sur une ressemblance de sons, dans un raisonnement qui cherche aux peuples mandé une origine berbère en comparant leur langue au berbère. 

      Un historien cité dans une synthèse de l'UNESCO met à part le « facteur kamara » dans l'origine des Vai, comme méritant des recherches plus approfondies, et juge utile de savoir jusqu'où des groupes non mandingues portent des noms mandingues. C'est une question ouverte. 

Fin de ce que nos recherches retracent pour le nom Camara.

Les sources du nom Camara

Plusieurs sources expliquent l’origine de ce nom. Voici leurs 21 récits, rangés par type de source.

  • Tradition orale ou communauté · 2 sources
  • Livre ou étude · 6 sources
  • Rapport public · 4 sources
  • Archive · 1 source

Ce que nous ne savons pas encore

  • Aucune trace du nom Camara plus ancienne que 1899 n’est connue du projet.

Nous pensons qu’une meilleure connaissance des histoires et des liens entre les populations d’Afrique peut nourrir la compréhension et la coopération.

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