D'où vient le nom · Nom
Cissé
Le nom Cissé est un nom de clan, ou jamu, porté chez les Soninké, les Malinké et les Songhaï. En malinké et en bambara, il se dit Sise ; d'autres graphies existent, Cisse et Sisse. Les sources ne s'accordent pas sur son origine ; nous les présentons plus bas.
Un nom de clan soninké, malinké et songhaï ; son origine reste discutée.
Du plus récent au plus ancien
- Contemporain
- Colonial
- Précolonial
Usage contemporain
Le nom Cissé est la graphie française de Sìsɛ, un nom de clan, ou jamu, que le dictionnaire des noms de clan mandingues rattache aux Soninké, aux Malinké et aux Songhaï. Ce dictionnaire ne lui donne pas de sens. Les explications de son origine sont discutées ; nous les présentons séparément.
Le nom Cissé a pour équivalents Woniwogi, Teworo, Gumu, Gbilimu et Sengor, des noms tenus pour le même clan. Ses porteurs sont liés aux Keïta par une parenté à plaisanterie, selon le dictionnaire des noms de clan mandingues et le mémoire d'E. A. Bogacheva.
Récit recueilli en 2017
Le nom Cissé remonte à deux ancêtres, Nfalefin et Nfawulen, selon Babou Condé, griot de Fadama, dans la préfecture de Kouroussa en Guinée. Nfalefin, un marabout, s'installa à Bayi ; Nfawulen était cultivateur. Le récit est rapporté par E. A. Bogacheva.
Personnes citées dans ce récit : Nfalefin et Nfawulen, ancêtres des Cissé dans le récit
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Proposé en 1912
Le nom Cissé serait celui du premier roi des Soninké, Kaya Maghan Cissé, qui les aurait conduits vers la fin du VIIIe siècle : c'est une lecture de Maurice Delafosse, que F. de Medeiros rapporte parmi celles qui font venir d'ailleurs les fondateurs du Ghana.
Personnes citées dans ce récit : Kaya Maghan, premier roi des Soninké dans cette lecture
1907
Le nom Cissé est, selon Louis Desplagnes, un nom de famille devenu un titre : après l'avènement de Cheikou Amadou, émir peul d'Hamdallahi, les Peuls l'auraient pris pour désigner les gens qui connaissent le Coran. Dans la vallée du Niger, il serait un titre, comme Touré au Sénégal.
Personnes citées dans ce récit : Cheikou Amadou, émir peul d'Hamdallahi dans le récit
1901
Le nom Cissé est écrit « Sissé » par Maurice Delafosse, qui le compte parmi les noms de famille des Bambara. Une note donne aussi les Sissé parmi les noms de famille malinké, d'après les missionnaires du Saint-Esprit.
Personnes citées dans ce récit : Maurice Delafosse, écrit cette forme
Origine la plus ancienne connue du nom Cissé
Récit publié en 1853
Le nom Cissé apparaît par écrit chez Hyacinthe Hecquard, qui rencontre au Fouta-Djalon une ancienne épouse de l'almami, « appelée Maïmouna-Cissé ». C'est la plus ancienne trace de ce nom que le projet connaît ; elle dit quand un voyageur l'a noté, pas depuis quand le clan le porte.
Personnes citées dans ce récit : Hyacinthe Hecquard, écrit cette forme
D'où vient le nom Cissé ? Les sources proposent plusieurs explications, sans que l'une l'emporte.
Hypothèse 1 · Proposé en 1907
Le nom Cissé serait l'un des noms pris par des Peuls entrés dans un « clan des serpents », avec Sankaré et Sidibé, selon Louis Desplagnes.
Hypothèse 2 · Proposé en 1985
Le nom Cissé serait d'abord un titre religieux : au temps de l'askia Mohammed, Sise était un titre, comme Ture, selon Sékéné Mody Cissoko.
Hypothèse 3 · Origine non datée
Le nom Cissé voudrait dire « maître du cheval blanc » en soninké, si désignant le cheval. L'aîné de deux frères, maître du cheval blanc, serait devenu Sise, et le cadet, maître de l'écurie, Suwaré. C'est le récit d'un ouvrage en n'ko de Souleymane Kanté, selon la traduction russe qu'en donne E. A. Bogacheva.
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Temps de Soundiata, selon les traditions
Le nom Cissé figure dans la tradition du Manden parmi les cinq clans de marabouts alliés de Soundiata dès la première heure, proclamés « gardiens de la foi ». Les Sise du Wagadu, convertis à l'islam, y sont dits ses alliés politiques, selon Djibril Tamsir Niane.
Société songhaï, selon l'historien
Le nom Cissé est celui de l'un des plus anciens clans de la société songhaï, d'origine soninké, avec les Touré, les Sylla, les Tunkara, les Diakité, les Dramé et les Diawara, selon Sékéné Mody Cissoko.
Récit de la tradition
Le nom Cissé est rattaché à un fils de Dinga, et les Sise comptent dans le Manden parmi les « cinq premiers musulmans », selon le dictionnaire des noms de clan mandingues.
Origine non datée
Les rois du Wagadu, les Sise, furent des alliés de première heure de Soundiata Keita, comme les rois de Nema.
Les Sise (« Cissé ») du Wagadu, devenus musulmans et alliés politiques de Sunjata Keita, comptent parmi les cinq clans de marabouts alliés de la première heure, proclamés « cinq gardiens de la foi » par l'assemblée qui organisa l'empire du Mali.
À l'époque de l'askia Mohammed, Sise (« Cissé ») était un titre religieux, comme Ture (« Touré »). Le chapitre le note à propos de ce souverain, du clan des Ture ou des Sylla, et ne donne pas de sens au mot.
Parmi les clans les plus anciens de la société songhay, d'origine soninké, figurent les Sise, avec les Ture, Sylla, Tunkara, Jakite, Drame et Jawara.
Une lecture de l'histoire de Ghana, attribuée à Delafosse, fait conduire les Noirs soninké, vers la fin du VIIIe siècle, par leur premier roi (tunka), Kaya Maghan Cissé, qui aurait refoulé les Blancs vers le Tagant, le Gorgol et le Fouta. Le chapitre la rapporte au conditionnel, au milieu d'un examen des lectures qui expliquent la fondation de Ghana par des fondateurs venus d'ailleurs.
Fin de ce que nos recherches retracent pour le nom Cissé.
Les sources du nom Cissé
Plusieurs sources expliquent l’origine de ce nom. Voici leurs 18 récits, rangés par type de source.
- Livre ou étude · 3 sources
- Rapport public · 3 sources
- Archive · 2 sources
- Bamadaba — dictionnaire des noms claniques (jamuw)Bailleul, Davydov, Erman, Maslinsky, Méric et Vydrin · Référence linguistiqueVoir les 3 récits
- Les noms de clan du Manden (jamu) dans les sources africaines, occidentales et arabesE. A. Bogacheva, 2017 · Publication académiqueVoir les 3 récits
- Essai de manuel pratique de la langue mandé ou mandingueMaurice Delafosse, 1901 · Référence linguistiqueVoir le récit
- Histoire générale de l'Afrique, III, ch. 5 : Les peuples du Soudan : mouvements de populationsFrançois de Medeiros, 1990 · Organisation intergouvernementaleVoir les 2 récits
- Histoire générale de l'Afrique, IV, ch. 8 : Les Songhay du XIIe au XVIe siècleSékéné Mody Cissoko, 1985 · Organisation intergouvernementaleVoir les 4 récits
- Histoire générale de l'Afrique, IV, ch. 6 : Le Mali et la deuxième expansion mandenDjibril Tamsir Niane, 1985 · Organisation intergouvernementaleVoir les 3 récits
- Le plateau central nigérien : une mission archéologique et ethnographique au Soudan françaisLouis Desplagnes, 1907 · ArchiveVoir les 2 récits
- Voyage sur la côte et dans l'intérieur de l'Afrique occidentaleHyacinthe Hecquard, 1853 · ArchiveVoir le récit
Ce que nous ne savons pas encore
- Aucun récit transmis oralement n’est enregistré pour le nom Cissé.
- Avant sa plus ancienne trace connue du projet, l’histoire du nom Cissé reste à écrire.
Nous pensons qu’une meilleure connaissance des histoires et des liens entre les populations d’Afrique peut nourrir la compréhension et la coopération.
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