D'où vient le nom · Nom
Kanté
Le nom Kanté est un nom de clan, ou jamu, des Malinké, porté notamment par des familles de forgerons. Dans les traditions du Manden, c'est aussi le nom des rois du Sosso. On l'écrit aussi Kante, Kántɛ ou Kándɛ. Les sources ne s'accordent pas sur son origine ; nous les présentons plus bas.
Un nom de clan malinké, celui des rois du Sosso ; son origine reste débattue.
Du plus récent au plus ancien
- Contemporain
- Colonial
- Précolonial
Usage contemporain
Le nom Kanté est un nom de clan, ou jamu, que le dictionnaire des noms de clan mandingues écrit Kántɛ. Ce dictionnaire le rattache aux forgerons et aux griots, chez les Malinké, les Bambara et les Kagoro, mais ne lui donne pas de sens. Son origine reste discutée, et chaque explication est présentée à part.
1907
Le nom Kanté figure chez André Arcin, administrateur colonial, parmi les noms des principales familles de forgerons, chez les Malinké comme chez les Soso et les Dialonké.
Origine la plus ancienne connue du nom Kanté
1907
Le nom Kanté apparaît par écrit chez André Arcin, administrateur colonial, qui rapporte d'après G. Tellier un récit recueilli autour de Kita : chez les Kanté, une lutte entre frères prit fin par la mort de l'aîné, grâce aux ergots d'un poulet blanc, animal que la famille redoute depuis. C'est la plus ancienne trace écrite de ce nom que le projet connaît ; le clan qui le porte est bien plus ancien que ce livre.
Personnes citées dans ce récit : André Arcin, écrit cette forme ; G. Tellier, rapporte le récit, cité par Arcin
D'où vient le nom Kanté ? Les sources proposent plusieurs explications, sans que l'une l'emporte.
Hypothèse 1 · Origine non datée
Le nom Kanté viendrait d'un mot dit de Soumaoro, roi du Sosso, qui n'écoutait que sa propre voix dans les assemblées : on disait qu'il était devenu kántɛ, et le mot serait devenu le nom de son clan. C'est le récit d'un ouvrage en n'ko de Souleymane Kanté, selon la traduction russe d'E. A. Bogacheva.
Hypothèse 2 · Proposée en 1907
Le nom Kanté serait, comme Konté, une forme dérivée de Konaté, un nom que l'auteur rattache à la même tribu que les Diara, selon André Arcin, administrateur colonial, qui présente cette idée comme son opinion.
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Vers 1180-1235, selon les traditions
Le nom Kanté est celui de la dynastie qui prend le pouvoir au Soso et au Kaniaga. Le roi Kemoko réunit les deux pays à la fin du XIIe siècle, et son fils Soumaoro Kanté lui succède, selon Djibril Tamsir Niane, qui suit les traditions orales du Manden.
Temps de Soundiata, selon l'épopée
Le nom Kanté est celui des rois du Sosso dans l'épopée de Soundiata. Le récit dit que les Kanté dominent alors le Wagadou, leur ancien maître, et que Soumaoro descend de la lignée des forgerons Diarisso. C'est le récit du griot Djeli Mamadou Kouyaté, transcrit par Djibril Tamsir Niane.
Origine non datée
Les traditions mandingues font de Soumaoro Kanté le roi du Sosso que Soundiata affronte et défait. La version recueillie auprès du jeli de Djélibakoro couvre l'ensemble du cycle, de l'ascendance de Soundiata à la guerre contre Soumaoro, et c'est elle qui a fait connaître l'épopée hors du Manden.
Le même affrontement est récité à Fadama, sur le Niandan, par le belentigui du lieu. Deux lignées de bardes, dans deux villages différents, transmettent donc le même nom et le même épisode : la figure de Soumaoro Kanté appartient à la tradition orale avant d'appartenir à une chronique.
Les Sosso étaient une fraction des Malinké, spécialisée dans le travail du fer, qui se distinguait par son hostilité à l'islam et son attachement aux traditions ancestrales. Les Kanté prirent le pouvoir au Sosso et au Kaniaga et y fondèrent une dynastie : le roi Kémoko unifia les deux vers la fin du XIIe siècle, et son fils Soumaoro, ou Soumanguourou, lui succéda. La suprématie du Sosso dura peu, de 1180 à 1230 environ.
Une autre figure de Soumaoro ressort des enquêtes menées auprès des forgerons Kanté eux-mêmes : il y aurait cherché à supprimer la traite soninké des captifs, menée avec la complicité des Malinké. La tradition lui attribue par ailleurs l'invention du balafon et du dan, la guitare à quatre cordes du chasseur.
Kanté compte parmi les noms de lignées de forgerons, les numu, avec Camara et Doumbia, et les trois sont partie intégrante de l'épopée de Soundiata. L'ethnomusicologue qui l'énonce ajoute aussitôt sa réserve : en Afrique de l'Ouest, les noms de famille sont souvent des indices fiables de l'origine ethnique et sociale, mais la société est fluide et la généralisation demande prudence.
Le dictionnaire des noms claniques attache à son entrée Kántɛ deux termes de statut, nùmu, le forgeron, et jèli, le musicien généalogiste, donne Kándɛ et Káane pour variantes, et enregistre Súmàoro comme équivalent de l'entrée. Le nom porte donc dans ce fichier à la fois le métier du fer et la mémoire du roi du Sosso.
Solomana Kanté invente en 1949 le n'ko, alphabet destiné aux langues mandingues, après cinq années de recherche. Son approche tient toutes les variétés mandingues pour les dialectes d'une seule langue, à laquelle il donne le nom de n'ko et dont la forme la plus pure serait le maninka-mori parlé au Batè : c'est une tentative d'unification culturelle de l'ensemble mandé. Elle entre en contradiction avec les politiques officielles des pays voisins de la Guinée, qui alphabétisent chacun dans sa variante locale, bambara au Mali, dioula en Côte d'Ivoire et au Burkina Faso, mandinka au Sénégal.
Avant le nom Kanté
Avant la dynastie des Kanté, selon les traditions
Jariso, ou Diarisso, est le nom d'un clan soninke qui, selon la légende, rend le Soso indépendant du Ghana avant que les Kanté n'y prennent le dessus, d'après Djibril Tamsir Niane.
Avant le nom Kanté
Avant le règne de Soumaoro, selon ce récit
Jàrisɔ́ serait l'ancien nom du clan de Soumaoro, avant qu'il ne prenne celui de Kanté, selon l'ouvrage en n'ko de Souleymane Kanté, traduit en russe par E. A. Bogacheva.
Fin de ce que nos recherches retracent pour le nom Kanté.
Les sources du nom Kanté
Plusieurs sources expliquent l’origine de ce nom. Voici leurs 16 récits, rangés par type de source.
- Livre ou étude · 7 sources
- Rapport public · 2 sources
- Archive · 1 source
- Bamadaba — dictionnaire des noms claniques (jamuw)Bailleul, Davydov, Erman, Maslinsky, Méric et Vydrin · Référence linguistiqueVoir les 2 récits
- Les noms de clan du Manden (jamu) dans les sources africaines, occidentales et arabesE. A. Bogacheva, 2017 · Publication académiqueVoir les 3 récits
- Soundjata ou l'épopée mandingueDjibril Tamsir Niane, d'après le récit du griot Djeli Mamadou Kouyaté, 1960 · Publication académiqueVoir le récit
- A Checklist of English and French Versions of the Sunjata Epic Published before the 21st CenturyAuteur non précisé · Publication académiqueVoir les 2 récits
- A Guide to the JembeAuteur non précisé · Publication académiqueVoir le récit
- Le Ńkó kɔ́dɔyidalan de Souleymane Kantè et la tradition lexicographique occidentale pour le mandingueAuteur non précisé · Publication académiqueVoir le récit
- The Role of Islam, Ajami writings, and educational reform in Sulemaana Kantè's N'koAuteur non précisé · Publication académiqueVoir le récit
- Histoire générale de l'Afrique, IV, ch. 6 : Le Mali et la deuxième expansion mandenDjibril Tamsir Niane, 1985 · Organisation intergouvernementaleVoir les 2 récits
- Histoire générale de l'Afrique, volume IV : l'Afrique du XIIe au XVIe siècleAuteur non précisé · Organisation intergouvernementaleVoir les 2 récits
- La Guinée française : races, religions, coutumes, production, commerceAndré Arcin, 1907 · ArchiveVoir les 3 récits
Ce que nous ne savons pas encore
- Aucun récit transmis oralement n’est enregistré pour le nom Kanté.
- Aucune trace du nom Kanté plus ancienne que 1907 n’est connue du projet.
Nous pensons qu’une meilleure connaissance des histoires et des liens entre les populations d’Afrique peut nourrir la compréhension et la coopération.
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