D'où vient le nom · Nom
Keïta
Le nom Keïta est un nom de clan, ou jamu, des Malinké, celui de la lignée de Soundiata, transmis comme nom de famille. On l'écrit aussi Keita, Kéita ou Kéyità. Les sources ne s'accordent pas sur son origine ; nous les présentons plus bas.
Le nom de clan de la lignée de Soundiata ; son origine reste débattue.
Du plus récent au plus ancien
- Contemporain
- Colonial
Usage contemporain
Le nom Keïta désigne un clan malinké, celui auquel l'épopée de Soundiata rattache son héros. Le dictionnaire des noms de clan mandingues l'écrit Kéyità, avec les formes Kétà et Kɛ́yità, et ne lui donne pas de sens ; son origine reste discutée.
Récit publié en 1885
Le nom Keïta est écrit « Keita » par le capitaine Gallieni, qui compte les Keita et les Kaméra parmi les plus connues des tribus malinké d'où serait issue la nation mandingue.
Personnes citées dans ce récit : Joseph Gallieni, officier français, auteur du récit
Origine la plus ancienne connue du nom Keïta
Voyage de 1879-1881 (récit publié en 1885)
Le nom Keïta apparaît, écrit Kéita, dans le récit de voyage du capitaine Gallieni, qui présente Mambi, chef de Niagassola, comme membre de « l'illustre famille des Kéita ». C'est la plus ancienne trace écrite de ce nom que le projet connaît. Le clan qu'il désigne existait déjà avant elle.
Personnes citées dans ce récit : Joseph Gallieni, officier français, auteur du récit ; Mambi, chef de Niagassola
D'où vient le nom Keïta ? Les sources proposent plusieurs explications, sans que l'une l'emporte.
Hypothèse 1 · Origine non datée
Le nom Keïta viendrait de ke, « l'héritage », et ta, « prendre » : selon un récit, il aurait été donné à Lauali Simbo, devenu chef de son village, quand des enfants lui sont nés, tandis que son frère prenait le nom de Konaté. Ce récit est rapporté sans lieu ni informateur dans le mémoire d'E. A. Bogacheva.
Hypothèse 2 · Origine non datée
Le nom Keïta viendrait de celui de la ville de Kita, selon une explication que le mémoire d'E. A. Bogacheva juge sans preuve convaincante.
Hypothèse 3 · Rapportée en 1912
Le nom Keïta serait la forme abrégée du nom des descendants d'un roi du Mali surnommé Allakoï, parce qu'il répondait « Alla koï », « Dieu, certes », à toute question sur la cause d'un événement, selon des traditions que rapporte Maurice Delafosse en 1912.
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Origine non datée
Les Konaté, les Coulibaly et les Keïta descendraient des trois enfants de Mahamadu Kanu et de Mariatu, chacun fondateur d'un clan. Le récit circule en deux versions. Dans la première, l'aîné, Coulibaly, cède le pouvoir au cadet, Keïta, en échange de nourriture. Dans la seconde, trois frères vivent au même village ; pendant une famine, le troisième, Lauali Simbo, partage le gibier à parts égales et les villageois le choisissent pour chef. Comme il n'a pas d'enfant, son frère Kanunyoro prend le nom de Konaté, « celui qui a des enfants » ; puis des enfants naissent à Lauali, qui reçoit le nom de Keyita, de ke, « l'héritage », et ta, « prendre ». Le dictionnaire des noms de clan mandingues note de son côté une origine commune avec les Kulibali.
L'épopée annonce l'histoire du « fils du Buffle » et du « fils du Lion » ; une note de l'éditeur précise que le lion est l'ancêtre totémique des Keïta, si bien que Soundiata est fils du Lion par son père et fils du Buffle par sa mère. Le dictionnaire des noms de clan range aussi jàra, mot bambara qui désigne le lion, parmi les interdits du clan.
Le griot raconte qu'au tout début le Manding était une province des rois bambara, et que ceux qu'on appelle aujourd'hui Maninka ne sont pas autochtones : ils viennent de l'Est. Bilali Bounama, ancêtre des Keïta, aurait été le fidèle serviteur du Prophète, et son fils aîné Lawalo aurait quitté la Ville sainte pour s'établir au Manding. Viennent ensuite Latal Kalabi, Damal Kalabi, puis Lahilatoul Kalabi, premier prince noir à faire le pèlerinage à La Mecque, et son petit-fils Mamadi Kani, roi chasseur.
Les Keïta rattachent leur origine à Bilal ben Rabah, premier muezzin de la communauté musulmane. Les écoles de griots du Manding comptent seize rois avant Soundiata, avec des listes qui diffèrent d'une école à l'autre ; celles de Siguiri donnent Lahilatul Kalabi comme premier roi pèlerin. L'historien qui rassemble ces traditions note que l'adoption d'ancêtres musulmans venus d'Orient était courante dans les cours royales de la région, et que l'ancêtre revendiqué ici est un Noir d'Abyssinie, non un ancêtre blanc ; il situe lui-même Mamadi Kani vers le début du XIIe siècle et Maghan Kön Fatta, père de Soundiata, au début du XIIIe siècle.
Une tradition fait venir de l'est, de Kong, les fondateurs du Mali, conduits par Kabala Simbo Keïta, ancêtre de Soundiata ; ils se seraient établis dans le pays de Do. Dans cette version, Kita n'est pas le berceau des Keïta : Soundiata l'aurait soumise en battant les Kamara, avant d'en faire sa deuxième capitale après Kangaba. Le mémoire qui la rapporte note que la version d'une origine à Kong a pu naître à Kong, comme celle d'une origine à Kangaba à Kangaba, bien après les faits, et que les principaux sanctuaires des Keïta se trouvent aujourd'hui bien au sud de Kita.
Le berceau du clan serait le pays des monts de Manden, autour des villes de Dakadiala, Naréna et Kiri, où les Keita étaient anciennement établis. C'est une synthèse d'historien ; la tradition rapportée plus haut les fait venir de plus loin.
Le dictionnaire des jamuw rattache l'entrée Kéyità aux régions de Kita, du Manding et de Farana, sans dire si ce sont des lieux d'origine ou d'implantation.
Aucun dictionnaire consulté ne donne de sens établi au mot : le dictionnaire des noms de clan mandingues l'écrit Kéyità, avec les formes Kétà et Kɛ́yità, et le définit seulement comme un nom de clan.
Une explication rapproche le nom de celui de la ville de Kita. Elle est avancée sans preuve convaincante, et une tradition rapportée plus haut fait au contraire de Kita une conquête de Soundiata, non le berceau des Keïta.
Une explication, rapportée en 1912 par un administrateur colonial d'après des traditions locales qu'il ne nomme pas, rattache le nom au surnom d'un roi du Mali, Allakoï : il répondait « Alla koï », « Dieu, certes », à toute question sur la cause d'un événement, et certains ajoutent que ses descendants furent appelés « ceux d'Allakoï », nom abrégé plus tard en Koïta ou Keïta. Aucune autre source consultée ne la reprend, et elle ne s'accorde pas avec le récit qui tire Keyita de ke, « l'héritage », et ta, « prendre ».
Fin de ce que nos recherches retracent pour le nom Keïta.
Une vidéo sur ce nom de familleD’où vient le nom « Keïta » ?Les sources du nom Keïta
Plusieurs sources expliquent l’origine de ce nom. Voici leurs 16 récits, rangés par type de source.
- Livre ou étude · 3 sources
- Rapport public · 1 source
- Archive · 1 source
- Les noms de clan du Manden (jamu) dans les sources africaines, occidentales et arabesE. A. Bogacheva, 2017 · Publication académiqueVoir les 9 récits
- Soundjata ou l'épopée mandingueDjibril Tamsir Niane, d'après le récit du griot Djeli Mamadou Kouyaté, 1960 · Publication académiqueVoir les 3 récits
- Bamadaba — dictionnaire des noms claniques (jamuw)Auteur non précisé · Référence linguistiqueVoir les 4 récits
- Histoire générale de l'Afrique, IV, ch. 6 : Le Mali et la deuxième expansion mandenAuteur non précisé · Organisation intergouvernementaleVoir les 2 récits
- Voyage au Soudan français (Haut-Niger et pays de Ségou), 1879-1881Joseph Gallieni, 1885 · ArchiveVoir les 2 récits
Ce que nous ne savons pas encore
- Aucun récit transmis oralement n’est enregistré pour le nom Keïta.
- Avant sa plus ancienne trace connue du projet, l’histoire du nom Keïta reste à écrire.
Nous pensons qu’une meilleure connaissance des histoires et des liens entre les populations d’Afrique peut nourrir la compréhension et la coopération.
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