D'où vient le nom · Nom

Konaté

Le nom Konaté est un nom de clan, ou jamu, des Malinké, des Bambara et des Kagoro, celui des gens du Toron dans l'épopée de Soundiata. On l'écrit aussi Konate ou Kounaté, et le dictionnaire des noms de clan l'écrit Kónatɛ̀. Les sources ne s'accordent pas sur son origine ; nous les présentons plus bas.

Un nom de clan malinké, celui des gens du Toron ; son origine reste discutée.

Du plus récent au plus ancien

  • Contemporain
  • Colonial
  • Précolonial
  1. Usage contemporain

    Le nom Konaté désigne un clan, que le dictionnaire des noms de clan mandingues écrit Kónatɛ̀ et rattache aux Malinké, aux Bambara et aux Kagoro. Il le tient pour un équivalent de Keïta et ne lui donne pas de sens. Plusieurs récits expliquent son origine ; nous les présentons plus bas. 

  2. Rapporté en 1912

    Le nom Konaté est celui d'un clan que Maurice Delafosse dit originaire de Kouna, ou Kona, à l'est du Macina, et auquel il attribue la fondation d'une première Djenné vers l'an 800. Il n'en tire pas le nom du clan. 

  3. Voyage de 1887-1889, récit publié en 1892

    Le nom Konaté est écrit « Konaté » par Louis-Gustave Binger, qui en fait, avec Kamara, l'un des principaux noms de famille du Toukoro, un pays malinké qu'il situe d'après ce qu'on lui en dit. 

  4. Origine la plus ancienne connue du nom Konaté

    Chronique écrite jusqu'en 1652-1655

    Le nom Konaté apparaît sous une forme proche, « Kenâti », dans la chronique d'es-Sa'di : elle nomme un cadi de Djenné, Mohammed-Benba-Kenâti, « d'origine ouankori », c'est-à-dire mandingue. Maurice Delafosse lit ce nom Mohammed-Bamba Konaté. C'est la plus ancienne trace de ce nom que le projet connaît ; elle dit quand un chroniqueur l'a écrit, pas depuis quand le clan le porte. 

    Personnes citées dans ce récit : Mohammed-Benba-Kenâti, cadi de Djenné que nomme la chronique

  5. Origine non datée

    D'où vient le nom Konaté ? Les sources proposent plusieurs explications, sans que l'une l'emporte.

    Hypothèse 1

    Le nom Konaté viendrait de « kona tè », « il n'est pas stérile » : une femme respectée, que tout le village appelait « kona mousso », la femme stérile, eut enfin un enfant, qui prit ce nom en souvenir. C'est ce que dit un texte en français que reproduit le mémoire d'E. A. Bogacheva, sans dire d'où il vient. 

    Hypothèse 2

    Le nom Konaté viendrait de kona, « celui qui ne peut avoir d'enfant », suivi de la négation te, d'où « celui qui a des enfants » : Kanunyoro Simbo l'aurait pris quand son frère Lawali, devenu chef, n'avait pas encore d'enfant. C'est une légende tirée des notes de V. Vydrin et A. Davydov, qui ne disent pas qui l'a racontée, selon le mémoire d'E. A. Bogacheva. 

    Personnes citées dans ce récit : Kanunyoro Simbo, frère du récit qui prend ce nom

    Hypothèse 3

    Le nom Konaté viendrait de « kòna tɛ̀ móso », « la femme qui n'est pas stérile » : Síyara Kétà, fille du souverain des Mansarén, mariée au Toron et dite stérile par une coépouse, reçut de sa famille un garçon, Kòmán, dont les nombreux descendants furent appelés les gens de la femme Kònatɛ́. C'est le récit de l'ouvrage en n'ko de Souleymane Kanté, selon la traduction russe qu'en donne E. A. Bogacheva. 

    Personnes citées dans ce récit : Síyara Kétà, princesse du récit

  6. + Voir les 10 autres récits− replier
    1. Temps de Soundiata, selon l'épopée

      Le nom Konaté est, dans l'épopée de Soundiata, celui de Siara Kouman Konaté, cousin de Soundiata et ancêtre des gens du Toron. L'épopée dit aussi qu'à Kouroukan Fougan les Konaté du Toron devinrent les cadets des Keïta, si bien qu'un Konaté d'âge mûr pouvait s'appeler Keïta. C'est le récit que transcrit Djibril Tamsir Niane. 

      Personnes citées dans ce récit : Siara Kouman Konaté, cousin de Soundiata dans le récit

    2. Origine non datée

      Une légende fait des Konaté, des Coulibaly et des Keïta les descendants d'un même couple, Mahamadu Kanu et Mariatu, et elle connaît deux versions. Dans la première, l'aîné, Coulibaly, cède le pouvoir au cadet, Keïta, en échange de nourriture. Dans la seconde, trois frères vivent dans un village et Lawali Simbo est choisi comme chef à la place de l'aîné, Kanu, mais n'a pas d'enfant ; son frère Kanunyoro Simbo prend alors le nom de Konate, que le récit explique par kona, celui qui ne peut avoir d'enfant, suivi de la négation te : celui qui a des enfants. Quand Lawali a à son tour des enfants, il reçoit le nom de Keyita, « celui qui prend l'héritage ». 

      Dans l'épopée récitée à Kela, Konate revient comme un nom de louange de Soundiata : « Jata Konate » sert de refrain à ses éloges, et il est salué « Sirifiya Magan Konate ». Le même récit fait de Soma Jobi, salué comme « premier prêtre du Manden, et dernier prêtre du Manden », « l'ancêtre des Konate », et c'est chez lui que le jeune Soundiata trouve refuge quand il fuit son frère aîné. 

      Avant l'empire du Mali, les traditions du Manding connaissent deux royaumes : le Do, habité par le clan Condé, et le Kiri, aussi appelé Manden, qu'occupaient les Konaté avec les Keïta. Elles comptent Siara Kuman Konate parmi les chefs d'armée ralliés à Soundiata avant la bataille de Kirina, et parmi les nombreux noms de Soundiata elles donnent celui de Nare Maghan Konate, « roi des Konate, fils de Nare Maghan ». 

      Une tradition fait venir de l'est les fondateurs du Mali, conduits par Kabala Simbo Keïta, qui se seraient établis dans le Do, dont la capitale était Tabu. À Tabu, le chef aurait été un Konate ; une note du mémoire qui rapporte ce récit se demande si c'était avant l'arrivée des Keïta. Le même mémoire relève que le récit a pu être forgé à Kong, et bien après les siècles dont il parle. 

      Une synthèse historique avance, avec prudence, que les clans maninka des Kuruma et des Konaté du Toron se partageaient le pouvoir de Kankan à Odienné au plus tard au XVe siècle. 

      Au XIXe siècle, entre le Toron et le Konyan, la lignée des Berete organise une domination locale « au nom des traditionalistes konate », et Samori, né vers 1830, compte parmi ses ancêtres « plus de Kamara ou Konate, paysans traditionalistes, que de commerçants musulmans ». 

      Plusieurs récits rapprochent le nom de kona, qui désigne une personne sans enfant, et d'une négation, mais chacun à sa manière : le texte en français traduit Konatè par « il n'est pas stérile » ; la légende des trois frères le décompose en kona et te, « celui qui a des enfants » ; l'ouvrage de Souleymane Kanté ne découpe pas le nom, mais le tire de l'expression « kòna tɛ̀ móso », la femme qui n'est pas stérile, kòna désignant une femme qui ne peut avoir d'enfant ou dont les enfants meurent. Ces trois lectures nous parviennent par un même mémoire, et aucun travail de linguiste consulté ne les confirme ni ne les discute. 

      Les éditeurs de l'épopée récitée à Kela décrivent Konate comme un nom de clan honorifique, lié aux Mansaren, la lignée royale des Keïta, et le donnent comme un titre d'honneur de Soundiata. 

      Un administrateur colonial écrit en 1912 que le clan des Kounaté ou Konaté est originaire de Kouna ou Kona, à l'est du Macina, près du lac Débo ; il donne ce lieu comme point de départ du clan, sans en tirer le nom. Dans les listes de clans qu'il dresse la même année, il rapproche aussi le nom de Kounaré, de Kounari et de Koyaté, sans dire pourquoi. 

Fin de ce que nos recherches retracent pour le nom Konaté.

Les sources du nom Konaté

Plusieurs sources expliquent l’origine de ce nom. Voici leurs 17 récits, rangés par type de source.

  • Livre ou étude · 4 sources
  • Rapport public · 3 sources
  • Archive · 4 sources

Ce que nous ne savons pas encore

  • Aucun récit transmis oralement n’est enregistré pour le nom Konaté.
  • Avant sa plus ancienne trace connue du projet, l’histoire du nom Konaté reste à écrire.

Nous pensons qu’une meilleure connaissance des histoires et des liens entre les populations d’Afrique peut nourrir la compréhension et la coopération.

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