D'où vient le nom · Nom
Traoré
Le nom Traoré est un nom de clan, ou jamu, porté par des familles bambara et malinké. En bambara et en malinké, il se dit Tarawele ; Traoré en est la graphie française, et d'autres graphies existent : Traore et Taraore. Nous présentons plus bas la seule explication de son origine que nous connaissons.
Un nom de clan bambara et malinké, graphie française de Tarawele ; on ne sait pas avec certitude d'où il vient.
Du plus récent au plus ancien
- Contemporain
- Colonial
- Précolonial
Usage contemporain
Aucun dictionnaire consulté ne donne de sens au mot : le dictionnaire des noms de clan mandingues l'écrit Tàrawéle, avec les variantes Traore et Taraore, et le définit seulement comme un nom de clan. Traoré en est la graphie française.
Usage décrit par l'auteur
Le nom a des équivalents chez d'autres peuples : en pays wolof, un Traoré est reçu comme un frère par les Diop et peut prendre leur nom, et un Diop peut devenir Traoré chez les Mandenka. La tradition fait remonter ces correspondances entre noms de clan à l'assemblée tenue après la victoire de Soundiata, à qui l'on prête aussi des faits bien postérieurs ; la pratique s'est poursuivie après lui.
1913
Le nom Traoré est écrit « Traoré » par Moussa Travélé, dans une plaisanterie que font les Traoré : « Kouloubali, Kouloubali » imite le galop du mauvais cheval, et « Traoré, Traoré, Traoré » celui du bon coureur.
Personnes citées dans ce récit : Moussa Travélé, écrit cette forme
Origine la plus ancienne connue du nom Traoré
Voyage de 1887-1889, récit publié en 1892
Le nom Traoré est écrit « Traouré » par Louis-Gustave Binger, qui décrit la population d'un village entre le Baoulé et la Bagoé comme « Bambara Traouré ». C'est la plus ancienne trace écrite de ce nom que le projet connaît ; elle dit quand un voyageur l'a noté, pas depuis quand des familles le portent.
Personnes citées dans ce récit : Louis-Gustave Binger, écrit cette forme
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Avant l'empire du Mali, selon les traditions
Avant l'empire du Mali, une partie des Traoré vit dans le pays de Kiri, mais la plupart habitent la province appelée plus tard Gangaran, au nord-ouest du Bouré. Ce sont des chasseurs du clan Traoré qui auraient donné en mariage au roi Maghan Kön Fatta la mère de Soundiata.
Avant la naissance de Soundiata, selon l'épopée
Le nom Traoré est celui de deux frères chasseurs, Oulamba et Oulani, qui rapportent du pays de Do une jeune fille et la donnent au roi du Manding. Le récit est celui du griot Djeli Mamadou Kouyaté, de Djeliba Koro près de Siguiri, transcrit par Djibril Tamsir Niane.
Personnes citées dans ce récit : Oulamba et Oulani, frères chasseurs du récit, tous deux Traoré
Le nom Diabaté serait né d'une séparation d'avec le nom Traoré : quand le cadet tue le buffle de Do, l'aîné chante aussitôt sa gloire, et le cadet lui dit que, s'il était griot, personne ne lui résisterait. Les griots Diabaté restent ainsi frères des Traoré, selon la tradition que rapporte une note de Djibril Tamsir Niane.
Le nom Traoré serait lié au nom Kondé par une parenté à plaisanterie née du même épisode : les gens de Do se moquèrent des chasseurs qui avaient choisi la laide Sogolon plutôt que les belles filles, selon une autre note de Djibril Tamsir Niane.
Temps de Soundiata, selon les traditions
Tiramaghan Traoré, général de Soundiata, aurait vaincu le roi du Jolof puis conquis la Casamance et le Kaabu. Les Mandenka de l'Ouest le tiennent pour le fondateur de nombreux royaumes, dont le Kaabu, et les griots du Kaabu chantent sa geste à la kora ; il est donné comme l'ancêtre des Traoré. Les traditions ne s'accordent pas sur sa fin : plusieurs villages du Kaabu disent garder ses restes, tandis que des traditions du Gangaran le font revenir au Mali.
Personnes citées dans ce récit : Tiramaghan Traoré, général de Soundiata dans les récits, donné comme ancêtre des Traoré
Récit recueilli en 2017
Les Mara appartiennent à la même branche paternelle que les Traoré : les deux noms ont un ancêtre commun, Mansa Yurukara Nayni, et sont de la même famille que les Sako et les Kouyaté. C'est ce que dit Babou Condé, griot de Fadama, dans la préfecture de Kouroussa en Guinée, selon le mémoire d'E. A. Bogacheva.
Personnes citées dans ce récit : Mansa Yurukara Nayni, ancêtre commun des Mara et des Traoré dans le récit
Origine non datée
Le nom viendrait d'une formule, « À taá dá wéele », que l'ouvrage ne traduit pas et qu'il rattache à l'appel lancé à l'ancêtre. Túraman, général du temps de Soundiata, avait quitté la guerre devenu vieux ; quand une guerre faillit perdre le Manden, on l'envoya chercher, il partit, vainquit les ennemis et ramena la paix. Les conteurs chantèrent ensuite ses descendants en rappelant que leur aïeul avait été appelé à cette guerre, et ceux-ci répondaient que, sans cet appel, le Manden était perdu. Ainsi la lignée prit le nom de Tárawele, et le nom de l'ancêtre, Túraman, devint son jamu. Le même ouvrage, écrit en n'ko par Souleymane Kanté, divise les Tárawele en quatre branches, Dàamasí, Nàyité, Sídimɛ et Jàbaatɛ́, et rapporte aussi qu'on les dit descendants de Lònsanín ; son auteur ajoute qu'il ne croit pas à une origine arabe.
Personnes citées dans ce récit : Túraman, ancêtre et général du récit, appelé à la guerre
Pour un étranger, le jamu est la porte d'entrée dans le tissu social : à Bamako, on lui attribue un jamu mandingue pour lui donner une place dans le groupe. Aujourd'hui, les références historiques des pactes entre noms sont souvent oubliées et les personnes peinent à en expliquer l'origine.
Une explication porte sur le nom de l'ancêtre, non sur le mot Traoré : au Kaabu, où il est appelé Tiramagan ou Siramagan, ce nom serait un titre. Magan est un mot ancien pour « roi », et sira la lance dont on se servait au Kaabu, lors d'une ordalie, pour désigner la personne à éprouver ; Tiramagan voudrait dire « chef des ordalies », et un objet de culte serait devenu un personnage. C'est une hypothèse. Dans l'épopée de Soundiata, Tiramagan est son général ; au Kaabu, le récit de fondation ignore presque ce lien.
Fin de ce que nos recherches retracent pour le nom Traoré.
Les sources du nom Traoré
Plusieurs sources expliquent l’origine de ce nom. Voici leurs 13 récits, rangés par type de source.
- Tradition orale ou communauté · 1 source
- Livre ou étude · 6 sources
- Rapport public · 1 source
- Archive · 1 source
- Récit du griot Djeli Mamadou Kouyaté, de Djeliba Koro près de SiguiriDjeli Mamadou Kouyaté · Tradition oraleVoir les 3 récits
- Bamadaba — dictionnaire des noms claniques (jamuw)Bailleul, Davydov, Erman, Maslinsky, Méric et Vydrin · Référence linguistiqueVoir le récit
- Les noms de clan du Manden (jamu) dans les sources africaines, occidentales et arabesE. A. Bogacheva, 2017 · Publication académiqueVoir les 3 récits
- Petit dictionnaire français-bambara et bambara-françaisMoussa Travélé, 1913 · Référence linguistiqueVoir le récit
- Soundjata ou l'épopée mandingueDjibril Tamsir Niane, d'après le récit du griot Djeli Mamadou Kouyaté, 1960 · Publication académiqueVoir les 3 récits
- Beyond the Mali Empire — A New Paradigm for the Sunjata EpicJan Jansen · Publication académiqueVoir les 2 récits
- Pouvoir, places et filiation : les senankuya au MaliAuteur non précisé · Publication académiqueVoir le récit
- Histoire générale de l'Afrique, IV, ch. 6 : Le Mali et la deuxième expansion mandenDjibril Tamsir Niane, 1985 · Organisation intergouvernementaleVoir les 4 récits
- Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le MossiLouis-Gustave Binger, 1892 · ArchiveVoir le récit
Ce que nous ne savons pas encore
- Avant sa plus ancienne trace connue du projet, l’histoire du nom Traoré reste à écrire.
Nous pensons qu’une meilleure connaissance des histoires et des liens entre les populations d’Afrique peut nourrir la compréhension et la coopération.
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