Cases peintes de la SWOPA, Sirigu, village nankana, Ghana — Sucram Yef, Flickr, CC BY 2.0
Saviez-vous que
Trois récits expliquent des noms de peuples par une réponse mal comprise.
Un récit rapproche Frafra, employé sous l’administration britannique pour les Nankana du Ghana, de la salutation en gurune Ya fara fara ?, « comment va ton travail, ta peine ? ». Une formule de politesse aurait ainsi été prise pour un nom de peuple.
Un autre récit rapproche Busanga, nom donné aux Bissa, de bisag gua, « homme bissa », une réponse à des Européens qui demandaient qui ils étaient. Les Ma'di du Nil rapportent une histoire semblable avec madi, « une personne ». Les fiches présentent ces explications comme des récits transmis, dont les détails restent à vérifier.
PeupleNankana (Frafra)
PeupleBissa
PeupleMa'di
PaysGhana
PaysBurkina Faso
PaysOuganda
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Nyanja et Chewa est historiquement et politiquement chargee : Kamuzu Banda imposa le terme Chichewa/Chewa dans le cadre d'une politique nationaliste d'unite (one nation, one language) qui marginalisa d'autres langues comme le tumbuka. En Zambie, le terme Nyanja reste prefere. Les deux noms referent essentiellement au meme continuum ethnolinguistique.
Pourquoi ce nom pose problème : Shangilla est considéré comme méprisant. Marille et Geleb sont des noms donnés par d'autres populations ; le groupe ne les emploie pas pour se nommer lui-même.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Arbore ne recouvre pas l'ensemble du peuple : les habitants de deux des quatre villages (Eegude et Murale) se désignent comme Marle et non comme Arbore. Cette dualité reflète une fragmentation identitaire interne.
Pourquoi ce nom pose problème : L'appellation 'Pedi' est ambigue : elle renvoie tantot au clan royal Maroteng (sens etroit), tantot a l'ensemble des 27-30 dialectes Sesotho sa Leboa (sens large). L'assimilation de 'Sepedi' a 'Northern Sotho' dans la constitution sud-africaine de 1994 a efface les identites de nombreux groupes dialectaux tels que les Lobedu, Birwa ou Hananwa.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme renvoie à une catégorie forgée par les colonisateurs pour désigner des fugitifs ; les communautés elles-mêmes l'ont toutefois repris et revendiqué comme nom d'identité politique et culturelle, notamment depuis les traités de 1739-1740 qui reconnaissent leur autonomie sous ce nom.
Pourquoi ce nom pose problème : A ne pas confondre avec Mashi (Nigeria), langue distincte de la famille Afro-Asiatique (code iso msh). Le Mashi de Zambie (code iso mho) est une langue bantoue.
Pourquoi ce nom pose problème : Perçu par les Ndebele contemporains comme un nom donné de l'extérieur, moins précis que leur auto-désignation AmaNdebele ; la région qu'il désigne, « Matabeleland », porte elle aussi un nom européen, quand le nom ndebele de leur territoire historique est Mthwakazi.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Matakam est rejete car il confondait sous une meme appellation des groupes ethniques distincts (Mafa, Mofu, Mada) et portait une connotation pejorative liee a la domination fulbe et coloniale. Les Mofu eux-memes se divisent en sous-groupes (Mofu-Gudur, Mofu-Diamare) dont les identites distinctes sont importantes.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Matabele peut etre percu comme depreciatif par les Ndebele contemporains, qui preferent leur autodesignation AmaNdebele. La region appelee Matabeleland par les Europeens est designee Mthwakazi dans la tradition ndebele.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Tonga designe un sous-groupe tumbuka du Malawi (Nyasa Tonga) qui est distinct des Tonga de Zambie et Zimbabwe — confusion frequente dans les sources.
Pourquoi ce nom pose problème : La notion d'Arabes d'Afrique est une macro-catégorie regroupant des populations très diverses ayant en commun l'arabe comme langue et l'islam comme religion, mais dont les origines génétiques, les cultures et les histoires locales sont très différentes. Une grande partie des populations dites arabes d'Afrique du Nord sont en réalité de souche berbère ayant adopté la langue arabe et l'islam suite à l'islamisation (7e-11e siècles) et aux grandes migrations arabes (Banu Hilal, Banu Sulaym, 11e siècle).
Pourquoi ce nom pose problème : À Maurice, le terme créole identifie spécifiquement les descendants d'esclaves africains chrétiens, par opposition aux Indo-Mauriciens (hindous et musulmans) et aux Sino-Mauriciens. La Constitution mauricienne classe la population en quatre communautés (hindoue, musulmane, sino-mauricienne, population générale), les Créoles faisant partie de la population générale avec les Franco-Mauriciens. Cette classification reste source de tensions politiques.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Mano sont souvent confondus avec les Dan/Gio, leurs voisins tres proches linguistiquement et culturellement. Les deux peuples partagent le comte de Nimba (Liberia) et sont parfois regroupes sous l'appellation Mano-Dan ou Yacouba. Voir aussi les fiches Gio et Dan.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Mawia devient une étiquette officielle de peuple sous les administrations allemande puis britannique du Tanganyika, alors que les Portugais ne l'employaient pas au Mozambique, selon Felipe Bastos.
Pourquoi ce nom pose problème : La variation orthographique (Bade, Bede, Bedde, Bode) cree parfois des confusions dans les sources documentaires. Le terme Bedde fait reference a l'emirat colonial tandis que Bade designe le groupe ethnolinguistique. La frontiere entre le groupe Bade et le groupe Ngizim voisin est parfois floue dans les sources, les deux etant classes dans la meme subdivision Bade Proper du West Chadic.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Berber est considere pejoratif par une partie de la communaute car associe historiquement au mot barbare. Les mouvements culturels amazighs preferent Imazighen ou Amazigh.
Pourquoi ce nom pose problème : Les termes Barakwena, Mbarakwena et Water Bushmen sont consideres pejoratifs ou reducteurs. La denomination Bushmen est egalement rejetee par beaucoup de membres du groupe. La declaration de Penduka (2000) recommande l'orthographe Khwe comme appellation standardisee.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Barakwena est percu comme devalorisant car il fut utilise par les populations bantoues voisines pour designer ces chasseurs-cueilleurs de maniere stigmatisante. Le terme Bushmen, bien que prefere par certains membres des communautes elles-memes, reste sensible en contexte officiel.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion est fréquente entre le peuple Gwa/M'bato et le groupe linguistique Kwa (famille de langues parlées en Côte d'Ivoire, au Ghana et au Togo). Le peuple Gwa est un groupe ethnique distinct et minoritaire appartenant aux Akan lagunaires.