Fèves de cacao au séchage à Ziplignan, près de Gagnoa, Côte d'Ivoire — arno B, Wikimedia Commons, CC BY 3.0
Saviez-vous que
L’administration coloniale a regroupé 93 sous-groupes sous le nom Bété.
Jean-Pierre Dozon rapporte deux explications recueillies à Gagnoa. Le nom viendrait de « bete o bete o », « paix » ou « pardon », une expression que les Français auraient prise pour un nom de peuple pendant la conquête. Il pourrait aussi avoir été diffusé depuis les premiers postes coloniaux de l’ouest. Ces deux récits ne s’excluent pas nécessairement.
Les 93 sous-groupes réunis sous ce nom ne formaient pas un ensemble politique unique avant la colonisation. Dozon présente aussi la proposition Magwé de Louhoy Téty Gauze, qui décrit une origine commune à plusieurs peuples du sud-ouest. Aucune des personnes interrogées par Dozon à Gagnoa n’avait toutefois cité ce nom.
PeupleBété
PaysCôte d'Ivoire
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion entre le Buganda (royaume banto) et l'Uganda (etat national) est source de tensions politiques persistantes, les Baganda revendiquant une autonomie et des droits speciaux au sein de l'Etat ougandais. Le terme tribe, impose par l'administration coloniale, est rejete par de nombreux Baganda qui preferent le terme nation ou peuple.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Ndzundza forment la branche culturellement la plus visible des Ndebele du Sud, célèbre pour les peintures murales, et font l'objet de leur propre fiche. Les Manala sont le sous-groupe historiquement senior (maison royale reconnue par les tribunaux en 2017) mais moins connu du grand public. Les deux sous-groupes furent regroupés dans le bantoustan KwaNdebele sous l'apartheid, masquant leurs différences.
Pourquoi ce nom pose problème : La désignation Ndebele englobe des groupes distincts. Les Ndzundza (Ndebele du Sud proprement dit) se distinguent des Manala (Ndebele du Nord intérieur) et des Ndebele du Zimbabwe. Sous l'apartheid, les deux groupes furent regroupés dans le bantoustan KwaNdebele (1977-1994), ce qui masqua leurs différences internes.
Pourquoi ce nom pose problème : Diola et Jola sont des noms donnés par les Mandinka. Ils réunissent sous un même nom plusieurs groupes dont les manières de parler ne sont pas toujours compréhensibles d'un groupe à l'autre.
Pourquoi ce nom pose problème : La notion d'Arabes d'Afrique est une macro-catégorie regroupant des populations très diverses ayant en commun l'arabe comme langue et l'islam comme religion, mais dont les origines génétiques, les cultures et les histoires locales sont très différentes. Une grande partie des populations dites arabes d'Afrique du Nord sont en réalité de souche berbère ayant adopté la langue arabe et l'islam suite à l'islamisation (7e-11e siècles) et aux grandes migrations arabes (Banu Hilal, Banu Sulaym, 11e siècle).
Pourquoi ce nom pose problème : La dénomination Makua couvre une grande diversité de sous-groupes linguistiques et régionaux (Makhuwa-Meetto, Makhuwa-Shirima, Makhuwa-Marrevone, Lomwe, etc.) qui sont parfois traités comme des peuples distincts par les linguistes. Le groupe Makua-Lomwe est souvent présenté ensemble dans les statistiques démographiques, rendant difficile l'isolement de la population strictement makua. Certaines sources incluent le Lomwe dans le compte global, portant le total à 40% de la population du Mozambique.
Pourquoi ce nom pose problème : Le sens de copte a changé au fil du temps. Le mot désignait d'abord l'ensemble de la population égyptienne. Après l'arabisation progressive du pays, il en est venu à désigner la minorité restée chrétienne. Aujourd'hui, certains y voient une appartenance religieuse ; d'autres, une origine égyptienne antérieure à l'arrivée des Arabes. Ces deux lectures ont des conséquences politiques en Égypte, où les recensements ne donnent plus la répartition de la population par religion depuis 1986. Les personnes concernées revendiquent elles-mêmes le nom copte.
Pourquoi ce nom pose problème : L'amalgame entre Hausa et Fulani (Hausa-Fulani) est un raccourci politique courant dans le discours nigerian contemporain. Les Haoussa sont fondamentalement des agriculteurs sedentaires d'origine tchadique, tandis que les Peuls sont des pasteurs d'origine ouest-sahelienne. Leur integration politique post-jihad masque des distinctions culturelles, linguistiques et genetiques importantes.
Pourquoi ce nom pose problème : L'amalgame entre Hausa et Fulani (Hausa-Fulani) est un raccourci politique courant dans le discours nigerian contemporain. Les Haoussa sont fondamentalement des agriculteurs sedentaires d'origine tchadique, tandis que les Peuls sont des pasteurs d'origine ouest-sahelienne. Leur integration politique post-jihad masque des distinctions culturelles, linguistiques et genetiques importantes.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Bangala/Ngala a d'abord été posé de l'extérieur, par des Européens, sur un ensemble de groupes distincts le long du Moyen-Congo et du Haut-Congo (Budja, Ngombe, Poto, Doko, Mondunga, Ngbandi, Ngbaka, Mbanza, etc.). Certains de ces groupes sont de souche soudanaise (Ngbandi, Ngbaka) et non strictement bantoue. Le parler qui porte le même nom, le bangala, est issu du bobangi et devenu langue de contact au poste de Bangala-Station (Meeuwis, 2020). Hulstaert tenait déjà en 1940 pour presque certain qu'aucune tribu Bangala n'avait existé.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Punu recouvre une realite de meta-ethnie plutot que d'un groupe homogene. Il englobe plusieurs clans distincts (neuf clans symbolises par les neufs points sur le front des masques blancs) vivant dans le sud du Gabon et le nord du Congo, unis par la langue et une culture commune mais pas par une organisation politique centralisee.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Bassa est parfois confondu avec le peuple Bassa du Cameroun, dont la langue appartient au groupe bantou de la famille Niger-Congo. Il s'agit d'une entité distincte des Bassa du Liberia, dont la langue bassa (bsq) appartient à la famille krou. Il l'est aussi avec les Bassa Nge du Nigeria, un autre peuple qui porte le même nom (voir sa fiche) : ce sont trois peuples distincts, que seule la ressemblance du nom rapproche.
Pourquoi ce nom pose problème : Bassa-Bakoko est reducteur car il amalgame deux peuples distincts sous une meme etiquette coloniale, niant leurs specificites culturelles respectives. Le terme a aussi ete utilise pour justifier des politiques de travail force sur le chemin de fer Douala-Yaounde. Le nom Bassa s'écrit aussi de la même façon pour un autre peuple, les Bassa du Liberia et de Sierra Leone, dont la langue (code bsq) appartient à la famille krou et non au groupe bantou : ce sont deux peuples et deux langues distincts, sans lien établi par nos sources, que la ressemblance des noms a souvent confondus.
Pourquoi ce nom pose problème : Bassa-Bakoko est reducteur car il amalgame deux peuples distincts sous une meme etiquette coloniale, niant leurs specificites culturelles respectives. Le terme a aussi ete utilise pour justifier des politiques de travail force sur le chemin de fer Douala-Yaounde. Le nom Bassa s'écrit aussi de la même façon pour un autre peuple, les Bassa du Liberia et de Sierra Leone, dont la langue (code bsq) appartient à la famille krou et non au groupe bantou : ce sont deux peuples et deux langues distincts, sans lien établi par nos sources, que la ressemblance des noms a souvent confondus.
Pourquoi ce nom pose problème : Bassa-Bakoko est reducteur car il amalgame deux peuples distincts sous une meme etiquette coloniale, niant leurs specificites culturelles respectives. Le terme a aussi ete utilise pour justifier des politiques de travail force sur le chemin de fer Douala-Yaounde. Le nom Bassa s'écrit aussi de la même façon pour un autre peuple, les Bassa du Liberia et de Sierra Leone, dont la langue (code bsq) appartient à la famille krou et non au groupe bantou : ce sont deux peuples et deux langues distincts, sans lien établi par nos sources, que la ressemblance des noms a souvent confondus.