Collines du sud du Burundi, 2007 — Dave Proffer, Wikimedia Commons, CC BY 2.0
Saviez-vous que
L’origine du nom Hutu reste discutée, malgré son usage dans les classements coloniaux.
Ernest Viaene propose en 1910 le sens d’« esclave ». René Bourgeois conteste cette explication et propose « seigneurs », en rapprochant le nom de Bahoto et Bawoto, employés pour des dirigeants chez les Mongo du Congo. Les personnes concernées utilisent Abahutu.
L’administration coloniale belge a ensuite inscrit la distinction Hutu-Tutsi dans les cartes d’identité et l’a traitée comme une hiérarchie fixe. La fiche mentionne notamment le nombre de vaches possédées parmi les critères utilisés. L’origine discutée du mot et son emploi administratif sont deux questions distinctes.
PeupleHutu
PaysRwanda
PaysBurundi
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Venda sont souvent confondus avec des groupes Shona ou Sotho-Tswana. Leur langue Tshivenda est unique et non mutuellement intelligible avec les langues voisines, malgre des influences Sotho-Tswana et Kalanga.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Bayaka peut creer confusion avec le peuple Aka (Mbenga), groupe pygmee d'Afrique centrale qui parle une langue bantoue differente (ISO axk). Ces deux peuples n'ont aucun lien historique.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Bakoba, parfois utilise par les voisins, a une connotation de subalternite liee a la periode de servage sous les Batawana. Les Wayeyi preferent leurs propres noms MaYeyi ou Wayeyi.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Bakoba, parfois utilise par les voisins, a une connotation de subalternite liee a la periode de servage sous les Batawana. Les Wayeyi preferent leurs propres noms MaYeyi ou Wayeyi.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Bainouk recouvre un ensemble de groupes aux langues partiellement distinctes (Gunyaamolo, Samik, Gunyuno). La frontiere entre les Bainouk et les groupes voisins (Diola, Mandingue) est floue du fait de siecles d'intermariage et d'assimilation culturelle. Dans les recensements gambiens de 1973 et 1983, les Bainouk n'apparaissaient plus comme groupe distinct, absorbes dans les categories Diola ou Mandingue.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Bainouk recouvre un ensemble de groupes aux langues partiellement distinctes (Gunyaamolo, Samik, Gunyuno). La frontiere entre les Bainouk et les groupes voisins (Diola, Mandingue) est floue du fait de siecles d'intermariage et d'assimilation culturelle. Dans les recensements gambiens de 1973 et 1983, les Bainouk n'apparaissaient plus comme groupe distinct, absorbes dans les categories Diola ou Mandingue.
Pourquoi ce nom pose problème : Deux groupes distincts portent le nom Yombe : d'une part les Yombe-Kongo (COD, COG, AGO), sous-groupe Kongo de la foret du Mayombe et de la vallee du Chiloango, qui ont produit les nkisi nkondi et phemba celebres ; d'autre part, un groupe distinct de Zambie (district d'Isoka, dans le nord du pays) dont la langue n'est pas apparentee a celle des Yombe-Kongo. Cette fiche concerne exclusivement les Yombe-Kongo d'Afrique centrale. Au sein meme de ce groupe, les appellations Yombe, Bayombe et Kongo du Mayombe designent la meme population, tantot par son ethnyme, tantot par sa region d'habitat ; les Yombe du Congo-Brazzaville, de Cabinda et du Kongo Central (RDC) partagent une identite commune mais des dialectes et des pratiques locales differencies, fragmentee par les frontieres coloniales entre trois Etats.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion entre Azande (peuple) et Zande (langue) est frequente. De plus, le terme Azande designe un macro-groupe constitue de nombreux peuples assimiles par la conquete Avungara : tous les Azande ne partagent pas les memes origines, mais ont adopte la langue et la culture zande.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Ndowe est en realite un terme collectif englobant plusieurs peuples bantous cotiers distincts (Kombe, Benga, Bujeba, Balengue, etc.) partageant une identite littorale commune. Il est parfois difficile de distinguer les differents sous-groupes dans les statistiques et les sources.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Batswana designe aussi tous les citoyens du Botswana, independamment de leur ethnicite. Il convient de distinguer les Tswana ethniques des citoyens botswanais au sens civique.
Pourquoi ce nom pose problème : La variation orthographique (Bade, Bede, Bedde, Bode) cree parfois des confusions dans les sources documentaires. Le terme Bedde fait reference a l'emirat colonial tandis que Bade designe le groupe ethnolinguistique. La frontiere entre le groupe Bade et le groupe Ngizim voisin est parfois floue dans les sources, les deux etant classes dans la meme subdivision Bade Proper du West Chadic.
Pourquoi ce nom pose problème : La variation orthographique (Bade, Bede, Bedde, Bode) cree parfois des confusions dans les sources documentaires. Le terme Bedde fait reference a l'emirat colonial tandis que Bade designe le groupe ethnolinguistique. La frontiere entre le groupe Bade et le groupe Ngizim voisin est parfois floue dans les sources, les deux etant classes dans la meme subdivision Bade Proper du West Chadic.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Batswana designe aussi tous les citoyens du Botswana, independamment de leur ethnicite. Il convient de distinguer les Tswana ethniques des citoyens botswanais au sens civique.
Pourquoi ce nom pose problème : Beja est un nom d'origine arabe donné à ce peuple par d'autres populations. Selon certains chefs religieux beja, il signifierait combattants ou combattants des Pharaons. Les personnes concernées emploient Bidhaawyeet pour leur langue et leur peuple, ou se présentent par leur groupe : Bishareen, Hadendoa, Amarar, entre autres.
Pourquoi ce nom pose problème : Konkomba est un nom donné au peuple à l'époque coloniale, puis diffusé dans les publications de recherche et les documents administratifs. Ses membres préfèrent Bikpakpaam. Konkomba reste toutefois reconnu dans les usages officiels au Ghana et au Togo.
Pourquoi ce nom pose problème : Les termes Shanqella et Changalla sont consideres pejoratifs car utilises par les peuples des hautes terres pour designer les peuples des basses terres qu'ils asservissaient. Wetawit/Watawit peut etre ressenti comme stigmatisant pour les individus issus de mariages mixtes.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Haratine est fortement associe a l'histoire de l'esclavage et de la servitude dans le monde arabo-berbere. Il est perçu comme pejoratif dans certains contextes (notamment au Maroc). La population ainsi designee n'est pas homogene : elle regroupe des descendants de populations noires autochtones du Sahara, des descendants d'esclaves captures au sud du Sahara et des affranchis dont le statut social reste inferieur. La frontiere entre Haratine et Abid (esclaves proprement dits) est floue selon les regions et les epoques.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Belle, d'origine externe, efface l'identite propre du groupe. Il reste toutefois largement utilise dans les sources anglophones et les statistiques officielles du Libéria.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Arabes somaliens et Somaliens d'ascendance arabe est floue, car de nombreux clans somaliens revendiquent une origine arabe (notamment la genealogie depuis Quraych ou des saints islamiques). Les Benadiris sont souvent consideres comme distincts des Somaliens ethniques, mais leur identite est composite (arabe, persane, indienne, bantoue et somalienne). Le terme Arabes somaliens peut couvrir a la fois ces minorites historiques et les ressortissants arabes recents en Somalie.
Pourquoi ce nom pose problème : Certains membres de la communauté considèrent désormais Gimira, le nom donné par les Amhara, comme méprisant. Il reste présent dans les anciennes recherches sur le peuple et sa langue.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Benin people peut preter a confusion avec le pays du Benin (Republique du Benin), qui est un Etat independant sans lien direct avec le Royaume de Benin. Les Edo preferent leur propre ethnononyme Edo pour eviter l'amalgame.
Pourquoi ce nom pose problème : Les termes Shanqella et Changalla sont consideres pejoratifs car utilises par les peuples des hautes terres pour designer les peuples des basses terres qu'ils asservissaient. Wetawit/Watawit peut etre ressenti comme stigmatisant pour les individus issus de mariages mixtes.
Pourquoi ce nom pose problème : Les termes Shanqella et Changalla sont consideres pejoratifs car utilises par les peuples des hautes terres pour designer les peuples des basses terres qu'ils asservissaient. Wetawit/Watawit peut etre ressenti comme stigmatisant pour les individus issus de mariages mixtes.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Benin people peut preter a confusion avec le pays du Benin (Republique du Benin), qui est un Etat independant sans lien direct avec le Royaume de Benin. Les Edo preferent leur propre ethnononyme Edo pour eviter l'amalgame.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Bénoué-Congo désigne, selon le linguiste David Dalby, le plus grand des groupes de langues que Joseph Greenberg a posés, et sa validité est mise en doute : il cite J. M. Stewart, pour qui les travaux récents mettent en doute la validité de ce groupe. Dalby compare le maintien de ces « divisions arbitraires » sur la carte des langues d'Afrique aux frontières coloniales arbitraires imposées à la carte politique du continent.
Pourquoi ce nom pose problème : Cette macro-catégorie n'est pas une identité ethnique vécue mais une classification linguistique académique. Aucun des peuples concernés ne se désigne comme bénoué-congolais. La diversité interne est extrême : des Yoruba du Nigeria aux Zulu d'Afrique du Sud, en passant par les Igbo, les Tiv, les Bantu de l'Afrique centrale et australe, tous appartiennent à cette famille mais n'ont aucune conscience collective commune.