Portrait de Paul Belloni Du Chaillu — Elliott & Fry, Wikimedia Commons, domaine public
Saviez-vous que
Des crânes d’ancêtres ont été interprétés comme un signe de cannibalisme chez les Béti.
La fiche rapporte qu’en 1856, Paul Du Chaillu observe des crânes près des villages et y voit une preuve de cannibalisme. Elle les décrit comme des crânes d’ancêtres conservés dans un autre but. L’accusation a ensuite été reprise dans des textes et utilisée pour justifier la violence coloniale.
Ces récits emploient Pahouin, une forme française rapprochée de Pangwe en allemand. Ce nom administratif regroupait Ewondo, Bulu, Fang, Eton et Bane. Il faut donc examiner à la fois les populations visées par le nom et les preuves avancées par les auteurs.
PeupleBéti
PaysCameroun
PaysGuinée équatoriale
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : Le statut des Ndau est débattu : ils sont parfois classés comme dialecte du shona (Southeast Shona), parfois comme langue et groupe ethnique distincts. Depuis 2013, le ChiNdau est reconnu comme langue officielle distincte par la Constitution du Zimbabwe (article 6). La forte influence nguni sur la langue et la culture ndau complique l'identification ethnique claire.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme générique Chinois efface les distinctions internes majeures entre sous-groupes : Hakka (majoritaires, ~95 %), Cantonais-Namshun (~5 %) et Hokkiens (Fujianese, groupe historique initial). Ces groupes ont une histoire migratoire, des langues et des organisations sociales distinctes, et ont parfois connu des tensions intercommunautaires.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Chinois efface les distinctions entre les deux principaux sous-groupes : les Hakka (établis à Mont Fleuri) et les Cantonais (établis dans le centre de Victoria), qui avaient des pratiques sociales distinctes et refusaient de s'épouser mutuellement à l'origine.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme générique Chinois efface les distinctions internes majeures entre sous-groupes : Hakka (majoritaires, ~95 %), Cantonais-Namshun (~5 %) et Hokkiens (Fujianese, groupe historique initial). Ces groupes ont une histoire migratoire, des langues et des organisations sociales distinctes, et ont parfois connu des tensions intercommunautaires.
Pourquoi ce nom pose problème : Confusion frequente entre les Nsenga et les Senga, ces derniers etant en realite une partie du groupe Tumbuka. Certains dialectes Nsenga en Zambie sont en realite des dialectes de Tumbuka appeles localement Nsenga.
Pourquoi ce nom pose problème : En 1968, le président Hastings Kamuzu Banda a renommé officiellement la langue Chinyanja en Chichewa pour l'associer au peuple Chewa et promouvoir l'unité nationale. Cette décision politisée a effacé la diversité linguistique et provoqué des tensions avec les locuteurs Tumbuka.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Sena recouvre à la fois un groupe ethnolinguistique bantou spécifique de la vallée du Zambèze et une catégorie plus large comprenant des sous-groupes régionaux (Rue/Barwe, Podzo, Sena du Malawi) qui peuvent être considérés comme des entités linguistiques distinctes. Le Sena du Malawi est parfois classé comme une langue distincte par les linguistes.
Pourquoi ce nom pose problème : L'appellation Tonga (Malawi) recouvre en réalité deux sous-ensembles distincts selon les auteurs : les Lakeshore Tonga (rive du lac, Nkhata Bay) et les Tonga de l'intérieur du Malawi. La parenté avec les Tonga de Zambie est nulle sur le plan linguistique (langues de branches bantoues différentes) et historique. La langue Chitonga (tog, N15) est un dialecte du Chitumbuka, radicalement différent du Chitonga de Zambie (toi, M64). L'identité Tonga au Malawi est parfois floue, certains groupes étant proches des Tumbuka ou des Cewa.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Chleuh a parfois ete utilise comme insulte en France pendant la Seconde Guerre mondiale pour designer les soldats allemands, en raison d'une confusion phonetique. Au Maroc, il est employe de maniere courante et non pejorative.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Haratine est fortement associe a l'histoire de l'esclavage et de la servitude dans le monde arabo-berbere. Il est perçu comme pejoratif dans certains contextes (notamment au Maroc). La population ainsi designee n'est pas homogene : elle regroupe des descendants de populations noires autochtones du Sahara, des descendants d'esclaves captures au sud du Sahara et des affranchis dont le statut social reste inferieur. La frontiere entre Haratine et Abid (esclaves proprement dits) est floue selon les regions et les epoques.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Haratine est fortement associe a l'histoire de l'esclavage et de la servitude dans le monde arabo-berbere. Il est perçu comme pejoratif dans certains contextes (notamment au Maroc). La population ainsi designee n'est pas homogene : elle regroupe des descendants de populations noires autochtones du Sahara, des descendants d'esclaves captures au sud du Sahara et des affranchis dont le statut social reste inferieur. La frontiere entre Haratine et Abid (esclaves proprement dits) est floue selon les regions et les epoques.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Batswana designe aussi tous les citoyens du Botswana, independamment de leur ethnicite. Il convient de distinguer les Tswana ethniques des citoyens botswanais au sens civique.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion entre Suri et Surma est frequente dans la presse touristique et la vulgarisation. Les Suri se distinguent des Mursi et des Me'en, bien que les trois forment le collectif Surma dans certaines classifications. Linguistiquement, Chai et Tirmaga parlent des dialectes tres proches, tandis que Baale est plus distinct.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Batswana designe aussi tous les citoyens du Botswana, independamment de leur ethnicite. Il convient de distinguer les Tswana ethniques des citoyens botswanais au sens civique.
Pourquoi ce nom pose problème : Confusion frequente entre les Nsenga et les Senga, ces derniers etant en realite une partie du groupe Tumbuka. Certains dialectes Nsenga en Zambie sont en realite des dialectes de Tumbuka appeles localement Nsenga.
Pourquoi ce nom pose problème : La multitude de noms cree des confusions dans les sources historiques et museographiques. La repartition entre trois Etats (Angola, RDC, Zambie) a engendre trois nomenclatures administratives differentes pour le meme peuple.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Sesarwa ou Sarwa est considere pejoratif par de nombreux membres du groupe car il implique une subordination aux Tswana. Basarwa (pluriel tswana) est le terme officiel utilise au Botswana pour l'ensemble des San, mais est aussi juge reducteur. L'appellation Bushmen est generalement rejetee.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Sena recouvre à la fois un groupe ethnolinguistique bantou spécifique de la vallée du Zambèze et une catégorie plus large comprenant des sous-groupes régionaux (Rue/Barwe, Podzo, Sena du Malawi) qui peuvent être considérés comme des entités linguistiques distinctes. Le Sena du Malawi est parfois classé comme une langue distincte par les linguistes.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Batswana designe aussi tous les citoyens du Botswana, independamment de leur ethnicite. Il convient de distinguer les Tswana ethniques des citoyens botswanais au sens civique.
Pourquoi ce nom pose problème : L'appellation Arabes pour les Waswahili efface leur fondement bantou dominant. Certains chercheurs distinguent les Waswahili ethniques (population de la cote) des locuteurs du swahili comme langue vehiculaire (plusieurs dizaines de millions de personnes).
Pourquoi ce nom pose problème : La multitude de noms cree des confusions dans les sources historiques et museographiques. La repartition entre trois Etats (Angola, RDC, Zambie) a engendre trois nomenclatures administratives differentes pour le meme peuple.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Blancs peut être perçu comme une réduction de l'identité du groupe à la couleur de peau, gommant la dimension culturelle et historique. Le terme Colons est chargé de connotations liées à l'esclavage et à l'exploitation coloniale.
Pourquoi ce nom pose problème : Les noms donnés de l'extérieur ne rendent pas compte de la diversité des Comoriens, notamment des Ngazidja, des Ndzuani, des Mwali et des Maorais. Chaque île possède sa langue, ses traditions et une forte identité locale.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Congau ou Congo était historiquement péjoratif, utilisé par les autochtones libériens pour distinguer les descendants de colons des populations indigènes. Il est aujourd'hui partiellement réapproprié.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Congau ou Congo était historiquement péjoratif, utilisé par les autochtones libériens pour distinguer les descendants de colons des populations indigènes. Il est aujourd'hui partiellement réapproprié.
Pourquoi ce nom pose problème : Le sens de copte a changé au fil du temps. Le mot désignait d'abord l'ensemble de la population égyptienne. Après l'arabisation progressive du pays, il en est venu à désigner la minorité restée chrétienne. Aujourd'hui, certains y voient une appartenance religieuse ; d'autres, une origine égyptienne antérieure à l'arrivée des Arabes. Ces deux lectures ont des conséquences politiques en Égypte, où les recensements ne donnent plus la répartition de la population par religion depuis 1986. Les personnes concernées revendiquent elles-mêmes le nom copte.
Pourquoi ce nom pose problème : Le sens de copte a changé au fil du temps. Le mot désignait d'abord l'ensemble de la population égyptienne. Après l'arabisation progressive du pays, il en est venu à désigner la minorité restée chrétienne. Aujourd'hui, certains y voient une appartenance religieuse ; d'autres, une origine égyptienne antérieure à l'arrivée des Arabes. Ces deux lectures ont des conséquences politiques en Égypte, où les recensements ne donnent plus la répartition de la population par religion depuis 1986. Les personnes concernées revendiquent elles-mêmes le nom copte.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Asante et Ashanti est strictement orthographique. Les chercheurs anglophones utilisent les deux formes de facon interchangeable. Certains Asante contemporains preferent la graphie originale twi Asante pour affirmer leur identite independamment de la denomination coloniale.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Krou désigne à la fois un macro-groupe ethno-culturel et linguistique (famille Krou incluant les Bété, Dida, Wè, Klao, Grebo, Kroumen, Bassa, etc.) et parfois spécifiquement le peuple Klao du Liberia. Cette double acception crée des confusions. De plus, certains peuples inclus dans le groupe linguistique Krou (comme les Dida ou les Bassa) ne se reconnaissent pas nécessairement comme appartenant à une même identité ethnique pan-krou. Trois réalités portent ce nom sans se confondre : la famille de langues (fiche Krou), cet ensemble de peuples, et le peuple klao, dit aussi Kru, dont le nom propre serait à l'origine du mot. Les Kroumen sont les marins krou engagés sur les navires européens : leur nom désigne un métier autant qu'un peuple.
Pourquoi ce nom pose problème : Le mot a plusieurs sens selon les régions. À la Réunion, il désigne tout habitant né sur l'île. À Maurice, il désigne les descendants chrétiens de personnes africaines réduites en esclavage. En Sierra Leone, il correspond à un peuple précis. Ces différences peuvent créer des confusions sur les personnes désignées et sur leur place dans la société.