Wè, Guéré, Wobé et Krahn sont liés à une même histoire de noms.
Wè est le nom employé par les personnes concernées. Les sources citées l’interprètent comme « les hommes qui pardonnent facilement ». Guéré aurait été introduit par un administrateur colonial français. L’administration a ensuite distingué Guéré au sud et Wobé au nord, sans que cette séparation corresponde aux limites culturelles et linguistiques décrites dans ces sources.
Au Liberia, les voisins kru emploient Krahn. Ces noms montrent comment des populations proches ont été désignées différemment de part et d’autre de la frontière coloniale. Les catégories administratives ont ensuite influencé la façon de les présenter.
PeupleGuéré
PeupleWè
PaysCôte d'Ivoire
PaysLiberia
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : La dénomination Koulango recouvre deux dialectes distincts (Bouna et Bondoukou), parfois traités comme des langues séparées par les linguistes (codes ISO distincts : nku pour Bouna, kzc pour Bondoukou). Le terme Lorhon peut désigner les ancêtres Koulango mais est encore utilisé pour certaines communautés. Le nom Koulango a par ailleurs d'abord désigné une catégorie sociale, et n'a pris son sens ethnique qu'à l'époque coloniale.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Gourounsi, écrit aussi Gurunsi, vient de l'extérieur. Les catalogues rangent les Winye sous ce nom d'ensemble, avec d'autres peuples. Selon l'anthropologue Jean-Pierre Jacob, ce serait un sobriquet en moore, la langue des Mossi, donné aux peuples qui vivaient au sud-ouest du royaume mossi, et qui voudrait dire « gibier de battue ». Employé seul, ce nom ne dit pas celui que les Winye se donnent.
Pourquoi ce nom pose problème : Deux groupes distincts portent le nom Yombe : d'une part les Yombe-Kongo (COD, COG, AGO), sous-groupe Kongo de la foret du Mayombe et de la vallee du Chiloango, qui ont produit les nkisi nkondi et phemba celebres ; d'autre part, un groupe distinct de Zambie (district d'Isoka, dans le nord du pays) dont la langue n'est pas apparentee a celle des Yombe-Kongo. Cette fiche concerne exclusivement les Yombe-Kongo d'Afrique centrale. Au sein meme de ce groupe, les appellations Yombe, Bayombe et Kongo du Mayombe designent la meme population, tantot par son ethnyme, tantot par sa region d'habitat ; les Yombe du Congo-Brazzaville, de Cabinda et du Kongo Central (RDC) partagent une identite commune mais des dialectes et des pratiques locales differencies, fragmentee par les frontieres coloniales entre trois Etats.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Nande (RDC) et Konjo (Ouganda) est essentiellement administrative et politique : les deux populations se considerent comme une seule et meme entite ethno-culturelle, les Bayira, separee par la frontiere coloniale.
Pourquoi ce nom pose problème : L'administration amhara a imposé le nom Kullo après la conquête éthiopienne de 1889. Il reste associé à cette période de domination étrangère. Les différents noms donnés au peuple reflètent les points de vue de ceux qui l'ont nommé de l'extérieur.
Pourquoi ce nom pose problème : La nomenclature est complexe : le même groupe est désigné Taa, ǃXóõ, ǃXoon, et chacun de ces termes recouvre des réalités légèrement différentes selon les dialectes et les regions. Les locuteurs eux-mêmes utilisent ǃXoon ou ʼNǀohan selon leur dialecte. Le terme ǃXóõ a été popularisé dans la littérature linguistique internationale mais n'est pas employé par tous les locuteurs. Le terme Masarwa est considéré péjoratif par les communautés San.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Kwararafa designe a la fois le peuple jukun et leur ancien empire, ce qui peut preter a confusion. Le nom Jukun couvre plusieurs groupes dialectaux distincts (Wapa, Wanu, Jiba) qui ne se reconnaissent pas tous sous ce denominateur commun.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Kwararafa designe a la fois le peuple jukun et leur ancien empire, ce qui peut preter a confusion. Le nom Jukun couvre plusieurs groupes dialectaux distincts (Wapa, Wanu, Jiba) qui ne se reconnaissent pas tous sous ce denominateur commun.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Kisii ne designe pas le peuple dans leur propre langue mais une ville (Kisii, aussi appelee Bosongo ou Getembe). Il provient de l'administration coloniale britannique. Le nom authentique est Abagusii.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination Niaboua recouvre en realite plusieurs entites distinctes — Nyabwa, Nyedebwa, Kouzie — dont les limites sont parfois confondues dans les sources. Les Niaboua et les Niedeboua se considerent parents issus d'une meme souche, mais forment des groupes residentiels separes.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Belle, d'origine externe, efface l'identite propre du groupe. Il reste toutefois largement utilise dans les sources anglophones et les statistiques officielles du Libéria.
Pourquoi ce nom pose problème : Aucun nom donné de l'extérieur n'est signalé ici comme particulièrement problématique. Les chercheurs discutent encore le lien possible entre Gola et Gullah.